Portrait Laetitia Legouvello Photographe et directrice artistique
Portrait Laetitia Legouvello Photographe et directrice artistique

Laetitia met en scène les photos campagnes et catalogues de notre marque en tant que photographe, depuis la collection printemps-été 2018. Rencontre.

RACONTEZ-NOUS VOTRE PARCOURS.


Mon terrain de jeu ? C'est la mode, et ça l'a toujours été ! Au départ, je voulais être styliste. J'ai fait mes études à l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes, où je suis entrée directement en 3ème année, en communication. Fraîchement diplômée, j'ai travaillé comme directrice artistique, en agence, pendant 5 ans, à Paris et à Nantes. En 1995, j'ai créé la marque de chapeaux Lilas May (vendue jusqu'au Japon), développé des collaborations avec Kenzo et Nobilis Fontan (designer textile), et même ouvert une boutique à Nantes. Ensuite, j'ai occupé le poste de directrice de la communication des marques Jean Bourget, Catimini et Kenzo Kids pendant 8 ans, jusqu'en 2007, où j'ai créé ma société de stratégie de communication, création et production, baptisée SAS Station Paradis. En 2014, j'ai commencé doucement à passer derrière l'objectif, toujours en alternance avec de la Direction Artistique. Mais on ne devient pas photographe juste en achetant un appareil photo !

EN QUOI CONSISTE LE MÉTIER DE DIRECTRICE ARTISTIQUE ET CELUI DE PHOTOGRAPHE ?


En tant que directrice artistique, je dois définir l'univers visuel d'une marque. Mon meilleur atout, c'est l’imagination et une capacité évidente à me projeter ; ma perméabilité au monde qui m’entoure et mon sens de l’observation aiguisé me permettent de percevoir l’insaisissable pour recréer une image qui n’existe pas. J’ai 50 idées à la seconde ! Il faut savoir les orchestrer et parfois, se mettre en danger est un vrai moteur ! Il faut me suivre, et j’avoue que ce n’est pas toujours simple ( je peux être épuisante !). Pour moi, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions. Ma devise, c’est : "action, réaction !" Je rebondis très vite sur une idée. Je suis à l’écoute du monde et à l’écoute des autres, dans le partage et la communication. J’aime comprendre, analyser et décortiquer les choses. Un atout indiscutable pour saisir l’essence d’une marque et s’en imprégner afin de lui créer un univers unique.
En tant que photographe, j’essaie de capturer la beauté du monde et toute son humanité, avec une authenticité touchante. Je saisis un instant fugace et parfait, je capture la lumière ; je vois le monde comme un tableau que j’ai envie d’immortaliser. Cet instant magique où tout est parfait, comme je l’ai imaginé, voir même plus beau que dans mon imagination, est difficile à capturer et je ne peux pas y arriver seule. Il y a tellement de paramètres à maîtriser, qu’il faut une équipe forcément pour y arriver. Beaucoup de photographes s’attribuent le mérite d’une photo, mais pour moi, c’est le travail d’une équipe, une communication des sens et des esprits, une harmonie et une synchronisation d’un groupe, chacun dans son domaine, qui permet de capturer cet instant de perfection quand tous les astres sont en alignement. C'est vraiment un travail collectif.

QUELLES SONT VOS SOURCES D’INSPIRATION ?


L’art, les voyages, la nature, la lumière, les gens et le partage m'inspirent au quotidien. Je suis une véritable éponge. J'absorbe les visions du monde qui m'entoure : ça me permet de me projeter dans l'avenir. Evidemment, je m'imprègne du travail de beaucoup de photographes, comme JR, Vivian Maaier, Luigi Ghirri, Ann Ray ou Christian Lutz, mais aussi de réalisateurs, comme Tarantino, ou encore de jeunes artistes, comme les frères Toqués. En mode, j'aime particulièrement le regard de Peter Lindbergh, incontournable, ou de Paolo Roversi, dont j'admire le travail de la couleur, du flou, plus proche de mes images.

QU’EST-CE LA SITUATION ACTUELLE A MODIFIÉ DANS VOTRE FAÇON DE TRAVAILLER ?


Le monde d'aujourd'hui a été et est bousculé par une incertitude totale au niveau économique. Moi qui ai besoin de tout maîtriser, j'étais beaucoup stressée ! La vie est une partie d'échec : j'ai besoin de savoir où je mets mes pions. J'ai appris à me libérer de cette maîtrise permanente, à prendre du recul. Mais la prise de risque est plus importante, et la charge de travail plus lourde, avec moins de budget et des délais plus courts...

DEPUIS COMBIEN DE TEMPS TRAVAILLEZ-VOUS AVEC ONE STEP ?


Avec One Step, c’est une belle histoire qui dure depuis 2012 ! C'est l'une des premières marques à m’avoir fait confiance en tant que photographe. Nous avons commencé par les shootings des lookbooks presse, puis ont suivi ceux des catalogues, des photos lifestyle, et enfin, des campagnes, que je mets en scène depuis la collection printemps-été 2018. Notre collaboration est fondée sur l’échange, le partage et la confiance. Ils me suivent sur mes choix de photographe et je contribue à la création de l’univers de la marque.

J'aime l'audace de One Step, ses partis pris arty et sa bienveillance vis à vis des femmes.
Les prises de vue de la campagne One Step printemps-été 2022 ont été une belle et riche collaboration entre des artistes et One Step. Aurélien Finance et Delphine Jardin ont mis en scène leurs œuvres dans la nature et dans un lieu à l’architecture extraordinaire, recréant ainsi un univers organique et poétique qui a été une source d’inspiration pour mon travail photographique.


UN PETIT MOT EN CONCLUSION ?


Je photographie tout, tout le temps, mon Iphone à la main. Je suis dans une quête constante de liberté. Je suis persuadée que quand tu as la volonté d'atteindre l'excellence, l'insatisfaction te fait avancer. J'apprécie donc parfois de sortir de ma zone de confort, en faisant du portrait, en poussant la personnalité à se mettre à nu. J'ai aussi le projet de travailler autour du corps sans vêtements, pourquoi pas avec des danseuses...

LE PORTRAIT CHINOIS DE LAETITIA.


Si vous étiez un vêtement ? Des chaussures, sans hésiter ! J’ai une collection de 200 paires, que je considère comme des objets d’art.


Si vous étiez une couleur ? J'ai une préférence pour le rouge, même si, en tant que photographe, je n'en porte pas. J'aime néanmoins ses nuances, tout feu tout flamme, qui me vont bien.


Si vous étiez un motif ? Je serais un motif japonais. Plus qu'un simple motif géométrique, c’est un idéogramme. Et au-delà de sa valeur esthétique, il contient un symbole, un trait de personnalité, un vœu, une tradition.


Si vous étiez une saison ? J'aime le printemps, l'idée de la renaissance et l’explosion de la nature.


Si vous étiez un artiste ? J'ai beaucoup d'admiration pour Vivienne Westwood. Pour son engagement, sa créativité, sa folie et son anticonformisme, son idée de la liberté aussi.


Si vous étiez une action positive (liée à l'environnement) ? J'ai en horreur le tourisme de masse et les décharges sauvages. Il faut arrêter de prendre la planète pour une décharge à ciel ouvert ! Nettoyer la planète de ses déchets, sur terre comme en mer, c'est l'affaire de tous !

Merci Laetitia pour ce partage.