Portrait Aurélien Finance Artiste
Portrait Aurélien Finance Artiste

One Step et l’Art, c’est une histoire qui dure depuis longtemps. Cette saison, la marque lui fait une place de choix, en invitant l'artiste Aurélien Finance. Rencontre.

RACONTEZ-NOUS VOTRE PARCOURS EN QUELQUES MOTS.


Très sensible au textile et aux vêtements, j'ai souhaité m’éloigner du parcours scolaire habituel et acquérir un bagage technique, en passant un bac pro Métiers de la Mode et du Vêtement en 2012. J'ai ensuite intégré une école préparatoire au concours d'entrée en école d’art, pour, en 2013, entrer à la Haute École des Arts du Rhin, à Mulhouse. C’est là qu'en 2018, j’ai obtenu mon DNSEP (Diplôme national supérieur d'expression plastique ; grade master) option design textile.

EN QUOI CONSISTE VOTRE MÉTIER ?


Comme tous les artistes professionnels, je cherche à produire des œuvres « plastiques » dans le sens où ce sont des œuvres visuelles et matérielles. Ces œuvres sont uniques car elles sont l’expression d’un langage personnel, d’une intention, d’une volonté de partager une sensibilité ou un point de vue. Les expositions auxquelles je participe permettent ce partage avec le public, car c’est la vocation de toute œuvre d’art que d’être soumise aux regards et à la critique.

COMMENT POURRAIT-ON TRADUIRE/DÉCRIRE VOTRE ART ?


La matière et la couleur jouent un rôle prépondérant, et donc les sens; comme le toucher, la vue, ainsi que l’ouïe, lorsque je réalise des performances sonores. J’aime jouer sur le côté extravagant du textile, voire exubérant ! C’est un travail à la fois théâtralisé et onirique, où se joue toujours une certaine forme de narration. En fait, il se passe toujours quelque chose, et je joue très souvent sur l’ambiguïté entre humour et gravité. Les titres sont très importants également : ils donnent des pistes de lecture.

QUELLES SONT VOS SOURCES D'INSPIRATION OU VOS PRÉDILECTIONS ARTISTIQUES (MOUVEMENTS, ARTISTES, ETC.) ?


Je suis fasciné par nos peurs, nos phobies. C’est l'émotion qui s'en dégage qui m'attire, et nos comportements induits. Par exemple, la logique de l'objet transitionnel (le doudou pour simplifier), qui permet à l’enfant d’affronter le monde, est quelque chose qui me fascine. D’un autre côté, certains codes de la haute couture sont extrêmement intéressants. C’est entre les deux que je déploie mes histoires. Dans mon travail, je me sens proche d’artistes comme Joanna Vasconcelos, en particulier pour le détournement qu’elle fait du textile et son rapport à la mémoire des savoir-faire traditionnels de son pays, le Portugal. Je pense également à Annette Messager, Sheila Hicks, ou encore Matthew Barney.

INSCRITE DANS UNE DÉMARCHE ARTISTIQUE, ONE STEP A FAIT APPEL À VOUS, POUR FAIRE ENTRER L'ART DANS CES NOUVEAUX VISUELS DE CAMPAGNE DE LA SAISON PRINTEMPS-ÉTÉ 2022, SUR LE THÈME DE LA NATURALITÉ. PARLEZ-NOUS DE CETTE COLLABORATION.


C’était une très belle expérience ! Comme je l’ai dit précédemment, le monde de la mode est une de mes sources d’inspiration. Aussi, lorsque One Step a fait appel à moi pour sa campagne Printemps- été 2022, j’y ai tout de suite vu l’occasion de confronter mes sculptures, avec la mode d’aujourd’hui. Un vêtement, c’est aussi ce qui dévoile notre personnalité. La juxtaposition de mon travail et des créations One Step m’a convaincu que l’art doit sortir des lieux où on a l’habitude de le voir, pour toucher le plus de monde possible.

QUELS MATÉRIAUX AVEZ-VOUS UTILISÉ LORS DU SHOOT ?


Je suis Mulhousien. J’ai donc l’habitude de travailler avec le fil de coton DMC, un fil mercerisé aux couleurs chatoyantes produit à Mulhouse.

COMMENT S'EST PASSÉE L'INSTALLATION ? COMMENT VOUS ÊTES-VOUS APPROPRIÉ LE LIEU DU SHOOTING ?


Avec l'équipe, nous avons visité le lieu, le Palacio de Congresos en Espagne, la veille des prises de vues. J'ai tout de suite appréhendé, de manière très spontanée, l’espace, comme un écrin pour l’installation « Absence de soit #2 », qui est constituée de 60 lianes de coton coloré. J'ai pris en considération la lumière naturelle, en imaginant quelles prises de vue cela pouvait donner, tout en gardant en tête l’idée d’un environnement organique. Lors des prises de vue extérieures, c’est plutôt la patience, la précision et une pointe de gravité qui ont guidé l’installation. Il faut dire que c’était un vrai défi de réaliser la structure qui supporte l’œuvre. Mais j'adore les challenges ! D’ailleurs, j'en profite pour remercier l’équipe avec qui j’ai pu travailler en étroite collaboration.

EN QUOI ET COMMENT LA NATURE VOUS A-T-ELLE INSPIRÉ POUR LE SHOOT PRÉCISÉMENT, SI TEL EST LE CAS ?


Mon travail est métaphorique. Les formes organiques que je crée s’inspirent souvent de la nature : plantes, lianes, fleurs… J’avais envie que les modèles s’approprient cet environnement artistique, comme s’il s’agissait d’un environnement naturel, sauvage, à la fois inquiétant et attirant.

POUR VOUS, QU'EST-CE QUE L'AUDACE/UNE PRSONNE AUDACIEUSE ?


L’audace, c’est truc qui bouscule ! Et si en plus, on a l’humour avec une pointe de sarcasme, alors c’est le top !


POURRIEZ-VOUS NOUS PARTAGER UN MANTRA QUI ILLUSTRE L'AUDACE CRÉATIVE ?


Pour moi, l'audace créative, c’est une association de parfum : celui du citron sicilien et de l’essence de piment. C’est comme associer la tradition et la modernité, à travers deux textures puissantes. J’ai senti ce « mantra olfactif » dans la fragrance d’un grand couturier et j’ai trouvé cela absolument incroyable !

COMMENT LA METTEZ-VOUS EN APPLICATION AU QUOTIDIEN ?


En transposant cette idée à travers les associations de couleurs, en composant en quelque sorte des visuels olfactifs. Et puis aussi, en appliquant mon phénoménal besoin de dépasser les limites, avec une petite touche de folie !

UN PETIT MOT EN CONCLUSION ?

Très étonnante la cuisine espagnole!

PORTRAIT CHINOIS

Si vous étiez un vêtement ? Une veste tailleur en panne de velours de soie, brodée de plumes de coq noir et de saphirs.

Si vous étiez une couleur ? J'ai une passion pour le vert Véronèse.

Si vous étiez un motif ? Le méandre ou la clé grecque.

Si vous étiez une saison ? Le printemps.

Si vous étiez une danse ? Le Butô. Née au Japon dans les années 1960, elle est également appelée "Danse des ténèbres" ou littéralement "mouvements compulsifs dans l'obscurité".